Out of the box

J’ai été copropriétaire d’un studio d’enregistrement. Un vrai, avec des machines à bandes, une grande console, des résonateurs de Schroeder et des coûts de leasing mensuels légèrement supérieurs au PIB d’un pays en voie de développement. Malgré toute l’attention et l’énergie que nous avions donné à cet endroit, y compris une régie construite par Tom Hidley, la batterie avait toujours sonné de manière très très approximative…

En arrivant un matin, j’entend le son d’un kit géant extraordinaire en provenance de la drum room… C’était magnifique c’était énorme et c’était une première. Ce jour-là, j’ai sauté l’escale de la machine à café et me suis précipité vers la salle où se trouvaient le client, le batteur et les ingénieurs du son. Ils regardaient le kit en question avec une intensité particulière et une petite touche d’incrédulité, kit entouré d’un massif total de deux microphones, un proche, un lointain. c’est tout.

Quand je me suis renseigné sur ce miracle absolu, les gars ont dit qu’ils étaient venus tôt et qu’ils avaient juste fait ça pour s’amuser. Puis tout de suite, comme si rien ne s’était vraiment passé, ils ont débranché les deux micros vintage à condensateur et mis en place une configuration classique de prise de son, avec des overheads stéréo, des micros partout, deux sur la caisse claire et tout un tas de trucs électroniques, noise-gates, compresseurs, préamplis à tube, etc., le traitement habituel complet. Environ une heure et demie plus tard, j’ai entendu le typique son de batterie étroit, faible et poussif et le traditionnel « c’est comme ça que tout le monde fait, c’est comme ça qu’on a toujours fait, donc c’est comme ça qu’il faut faire”. Oh, bon, c’étaient les 90’s …